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Sortie US de l’accord de Paris… what’s next ?

Accord de Paris
Même si cela n’a pas été une vraie surprise, c’est aujourd’hui un euphémisme que de dire que le Monde a été particulièrement déçu par l’annonce de Donald Trump indiquant le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris. Economistes, politiques, industriels et simples citoyens ont marqué leur profond désaccord de mutliples manières. En France, le buzz a particulièrement été important autour de la déclaration d’Emmanuel Macron, en anglais My Dear, qui a merveilleusement mixé des arguments de fonds – sur l’impact du changement climatique ou encore les opportunités ouvertes pour l’économie verte – à des prises de positions plus polémiques comme lorsqu’il invite les acteurs de l’innovation dans les cleantech à venir en France… Le tout se terminant par le magnifique (c’est là mon opinion) : « Make Our Planet Great Again » qui restera dans les annales. Pour ceux qui n’aurait pas vu cette intervention…allez jeter un petit coup d’oeil ici.
Depuis, de nombreuses voix se sont élevées et notamment celle de Michael Bloomberg, l’ancien maire de New-York, qui  a transmis au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres le 2 juin une lettre signée par plus de 1.200 organisations en faveur de l’Accord de Paris.  L’ensemble de ces signataires, tous américains, s’engagent auprès de la communauté des 194 pays signataires de l’accord de Paris pour continuer à tenir les engagements des Etats-Unis en faveur des actions pour lutter contre le changement climatique. Les médias ont beaucoup repris cette information qui montre à quel point les milieux économiques semblent désormais ouvertement se distancier de Donald Trump sur les questions environnementales. Parmi les signataires, tous prêts à réduire leurs émissions de gaz à Effet de Serre, on peut trouver
– 125 villes parmi lesquelles Houston, New York ou encore Los Angeles ou Pittsburgh
– 902 entreprises parmi lesquelles Google, Facebook, Nike, Intel et des centaines de PME
– 193 universités et 9 états.
 
Cette initiative n’est pas la seule qui met du baume au coeur de tous ceux qui prônent une économie plus durable et moins émettrice de gaz à effet de serre. En réaction à la sortie de l’accord de Paris, certains prédisent même une réaction massive et coordonnée pour continuer à réduire leur empreinte carbone. Car il s’agit pour beaucoup d’entre eux d’un choix de bons sens… économique. Certain n’ont déjà pas hésité à investir massivement dans les technologies propres en anticipation des engagement américains de réduction d’émissions. Les investissements dans les énergies renouvelables présentent des business cases de plus en plus favorables du fait de la baisse significative des coûts du solaire notamment, et ce quels que soient la nature et le niveau des soutiens des états et du gouvernement fédéral. 
Par ailleurs, chacun se demande quelle place prendra la Chine dans la lutte contre le réchauffement climatique. Avant même les annonce de Trump voici quelques jours, le Premier ministre Li Keqiang avait déjà clairement confirmé la volonté de la Chine de respecter ses engagements pris à Paris, et ce quelle que soit la décision des américains. Le rôle de la Chine, plus gros pollueur mondial et de très loin, pourrait s’accentuer car la nature et la diplomatie climatique ont horreur du vide… Malgré la prédominance du charbon dans le mix, les investissements coulent à flots dans les énergies vertes et il est fort à parier que le pays bénéficiera de cette politique d’ici quelques années/décennies. D’ici 2020, le pays, qui émet 2 fois plus de CO2 que les Etats-Unis, cible une réduction d’émission de 40% par rapport à 2005. N°1 mondial du solaire, le pays tire la croissance des secteurs de l’hydroélectricité et de l’éolien et a même carrément suspendu la construction de centrales thermiques au charbon. Quand une décision est prise, elle a le mérite d’être rapidement appliquée dans ce pays…
Il ne faut, cela dit, pas se leurrer, la décision américaine reste une mauvaise nouvelle pour l’accord de Paris. Si aujourd’hui seuls trois pays – Les Etats-Unis, le Nicaragua et la Syrie – sont isolés en ne signant pas l’accord, le retrait de Trump crée un précédent qui risque d’avoir des répercussions down the line ! Mais oui, soyons optimistes pour nos collègues américains, acteurs de l’innovation dans le secteur de la transition écologique qui – malgré des difficultés qui vont forcément apparaître – pourront tout du moins compter sur quelques soutiens significatifs et le bon accueil de la France notamment.
Cela étant dit, comme l’écrivait Corneille, « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »…

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